Les Hommes …

23 August, 2013

Përkthimi në frëngjisht i poezisë “Njerëzit”;

L’amour, a le trot d’un animal insoumis,
que les hommes tuent
dans l’impossibilité de le dompter,

puis lui dérobent sa précieuse fourrure
et s’emmitouflent dedans les soirs de Noël,
sur le fauteuil luxueux près du feux allumé
avec des allumettes électroniques…

tandis qu’ils suivent d’un œil l’éclaboussure
du crépuscule à travers la vitre…

Puis se rappellent que le lendemain,
ils doivent se rendre à un rassemblement…
pour défendre les droits des animaux…

© Arlinda G.
Përktheu: Eva Hila

LE PROCES DES PERSONNAGES

29 August, 2008

Je me trouve dans la salle d’un tribunal. Je suis assise sur le banc des accusés. La salle est pleine à craquer. Je les ai vus tous quelque part. Il y a là une femme grosse, un vieillard à la canne, une jeune fille paralysée, un immigrant, un épileptique… Ils portent tous une perruque de juge.
– Au poteau ! crie quelqu’un dans la foule.
– Qu’on la torture avant ! lui répond un autre en hochant la tête.
Et moi je ne comprends pas pourquoi je me trouve dans deux lieux différents en même temps. Je me vois mêlée à la foule et aussi sur le banc des accusés portant sur ma tête une perruque de juge. De là, je vois le bourreau qui s’approche lentement, il a une cagoule noire sur la tête. Je me vois en train de monter sur une chaise. Le bourreau renverse la chaise sans perdre du temps, et moi, depuis la salle, je vois mes pieds frétiller. Je me réveille. Je passe immédiatement les mains sur mes cheveux. Je ne porte pas de perruque.

RENONCEMENT

29 August, 2008

Elle ne criait guère quand je lui tordais le bras, quand je lui décoiffais les cheveux ou alors quand je lui barbouillais le corps. Je la piquais assez fort sur sa cuisse avec la pointe aigüe de mon stylo-plume et puis je la jetais, un peu ennuyée.
Et puis, peu après, je la reprenais dans mes bras, je lui mettais en place ses cheveux d’argent ébouriffés et je lui caressais la cuisse douloureuse (mon stylo-plume y avait laissé une tâche violette).
Et elle continuait de ne pas crier.
Son silence me mettait hors de moi.
Il était évident qu’elle remportait toujours ; je la maltraitais, je la caressais, et pourtant mon combat était assez dur, on ne peut pas combattre contre un adversaire qui vous est délivré avant même que le combat commence.
Et ainsi, un beau jour, je lui ai arraché les bras, la tête et les jambes, et puis je les ai jetés dans la poubelle. Et depuis, je n’ai plus jamais joué à la poupée.
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Au printemps…

25 August, 2008

Mon dernier amour
est mort au printemps

Frêle, fragile,
Il naquit en hiver

C’était un amour
précoce…

Il vécut peu de temps
juste une parenthèse d’hiver

Et puis,
il ferma les yeux.

Personne ne se trouva
près de lui
à sa dernière heure.

Alors qu’à l’enterrement,
oh… à l’enterrement,
nous étions tous les deux.

Certes, le discours d’adieux
solennel
n’y manqua pas.

Et aussi, quelques larmes
de crocodile
(sur le fond)

Les cordes ne l’avaient
encore offert
à la terre

pendant que nous deux
mâchions, impatients,
comme un mégot jauni

la fuite.

Mon dernier amour
est mort au printemps

De lui,
Il me reste encore,
quelques pétales de fleur,
fanées, sur mes cheveux.

Ceci était sa vie,
ses poumons fragiles,
détruits par la gelée.

Et depuis,
le printemps venu,
tous les deux
nous allons fleurir
la tombe.

Comme une poche arrachée,
à chaque printemps,
mon cœur déborde
de sourires de mon amour
défunt

Mon dernier amour
est mort au printemps…

Et maintenant,
dîtes-moi,
comment peut-il mourir
un amour au printemps ?…

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perktheu U.Nerguti

Où est-ce que je vais te laisser mon cher rêve…
mon fragile, mon encore non grandi,
mon rêve laissé en plein chemin…

Où est-ce que je vais te laisser ?

Comme un enfant sans défense,
tes bras autour de mon cou,
tu refuse de t’en aller…
…et moi, l’impitoyable,
moi, la cruelle,
j’enlève tes mains…
je te repousse…
je t’abandonne
sur un bout de terre stérile, assoiffé,
je te laisse là
pieds nus, mal vêtu…
et je m’en vais…

je m’en vais
mais je m’en veux
et je me retourne, je me lance vers toi
pour te serrer dans mes bras,
j’embrasse tes cheveux
tes yeux que j’ai eu tant de peine à les désigner…
j’embrasse les blessures de tes pieds
et mon souffle devient ton souffle

tu ris à coeur joie,
un bonheur à pleurer de rire
et moi…
je te regarde dans les yeux
et encore une fois je te dis… il faut que je te laisse

et cette fois-ci,
c’est toi qui t’éloigne de moi
c’est toi qui me repousse et me tourne le dos,
tu t’assois par terre et tes épaules tremblent de tes sanglots
et moi je m’éloigne toute partagée, la tête retournée en arrière,

je me dirige vers là-bas
où un autre rêve, plus facile, je dois choisir…
mais mon esprit reste là,
sur tes sanglots qui s’éloignent toujours plus
jusqu’à ce que le crépuscule t’envahisse tout entier

pardonne-moi mon rêve très cher,
pardonne-moi mon fragile, mon
rêve coupé en plein chemin,
pardonne-moi de ne pas oser te vivre,
pardonne-moi !

perktheu U.Nerguti

  Une feuille,
imbue d’automne,
capricieuse,
embrasée…

se repose,
doucement,
sur ton chapeau…

Toi,
tu la vois pas…

tu la sens…

Toi,
solitaire,
avec ton vieux accordéon,
fais vibrer un air
d’un tango oublié…

Ton âme se balade,
doucement,
à travers les touches fendues,
collées,
par-ci par-là avec du scotch…

Assis, insouciant,
sur le trottoir…

…vêtu,
un costume gris,
terni par le temps…

…chaussé de pantoufles…

…et,
dans le creux du
chapeau,
rien ;
(précisément là où
le passant indifférent
devrait récompenser
son âme,
autant fendue que
les touches de l’accordéon…)

…là-dedans…
…se repose…
…doucement…
…une feuille capricieuse…

perktheu.U.Nerguti.

Invecchiare con te…

24 August, 2008

Lo so,
noi ancora,
saremo insieme…
Seduti,
sulla stessa
panchina…
aspettando
l’ultimo,
gelido inverno,
della vita…

come due vecchietti rimbambiti…
ancora,
innamorati…

Lo so,
qualcuno,
oserà,
additarci
e ridere di noi…
(di più di me,
l’arzilla, e ribelle)

Invece te,
ancora,
continuerai a dirmi
che sono bella…

Anche se sulla fronte,
il tempo,
avrà lasciato dei geroglifici,
che mai,
non potrò
imparare a decifrarli…

Anche se sui capelli,
l’ultimo inverno,
avrà fatto scendere
la pacifica brizzolatura,
fioccando,
come neve incalpestata..

Lo so,
noi saremo insieme…

Lo sento…
sarà bellissimo…
…invecchiare con te..

( perkthyer nga edrus )